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Niveau 1ère L ou ES

H1 Chap. 03 La France de 1848 à 1914

Sujet: Discours de Léon Gambetta, prononcé à Lille le 15 août 1877
Quand [la République] sera sortie des misérables difficultés que lui crée, contre tout patriotisme, la coalition des anciens partis les espérances du monde ne seront pas trompées. La République sortira triomphante de cette dernière épreuve et le plus clair bénéfice du 16 mai1,
.. ami, sera, pour l'histoire, d'avoir abrégé de trois2 ans, de dix ans, la période d'incertitude et de tâtonnements à laquelle nous condamnaient les dernières combinaisons de l'Assemblée nationale élue dans un jour de malheur3. [...]

Ne croyez pas que, quand ces millions de Français, paysans, ouvriers, bourgeois, électeurs de la libre terre française, auront fait leur choix, ne croyez pas que, quand ils auront indiqué leur préférence et fait connaître leur volonté, ne croyez pas que lorsque tant de millions de Français auront parlé4, il y ait personne, à quelque degré de l'échelle politique ou administrative qu'il soit placé, qui puisse résister.

Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre.

Applaudissements. Bravos et cris répétés de : Vive la République ! Vive Gambetta !

Léon Gambetta, discours de Lille, hôtel de l'Europe (15 août 1877), extrait. 1. La crise du 16 mai 1877.

  1. la crise du 16 mai 1877 : Mac Mahon exige la démission du président du Conseil Républicain et dissout l'Assemblée.
  2. Mac-Mahon élu en 1873 pour 7 ans est encore Président pour 3 ans, voire 10 s'il était réélu.
  3. L'Assemblée élue le 8 février 1871, qui avait une majorité monarchiste.
  4. Gambetta fait allusion aux futures élections législatives d'octobre 1877.

Questions :

  1. Présenter Léon Gambetta et définir la nature de ce texte.
  2. Rappeler ce que sont les lois constitutionnelles de 1875. Comment s'organise la répartition des pouvoirs ?
  3. Quelle est la situation politique en 1877 ? Que signifient les allusions au 16 mai ?
  4. Expliquer l'expression « il faudra se soumettre ou se démettre ».
  5. Quels ont été les résultats et les conséquences politiques des élections législatives de 1877 ?
Exemple d'Épreuve courte en Histoire
Pistes de réflexion et proposition de correction

Question 1 .
L'auteur de ce discours est un homme politique en campagne électorale. Le discours électoral est prononcé devant un public qui est acquis à l'orateur (applaudissements).
Comme leader du parti républicain, il développe ses idées sur la situation et les institutions politiques. Il essaie de convaincre les électeurs de la justesse de son analyse.

Question 2.
Les lois constitutionnelles de 1875 créent deux pouvoirs
- le pouvoir exécutif : détenu par un président de la République, élu pour 7 ans. Il choisit les ministres et peut dissoudre l'Assemblée nationale avec l'accord du Sénat;
- le pouvoir législatif : deux chambres (Assemblée nationale et Sénat) se partagent le vote des lois. L'Assemblée, seule élue au suffrage universel, contrôle le gouvernement et peut le renvoyer par un vote de défiance.

Question 3.
Pour répondre à cette question, utiliser la chronologie. La situation politique en 1877 est marquée par l'affrontement entre les deux pouvoirs
- le président Mac-Mahon : il a remplacé Thiers en 1873. Il est conservateur et n'aurait pas été hostile à une restauration monarchique.
- L'Assemblée élue en 1876 : les républicains sont désormais majoritaires. Le Président a renvoyé un gouvernement républicain, et choisi le duc de Broglie comme nouveau Premier ministre. La Chambre refuse sa confiance. Mac-Mahon dissout l'Assemblée. C'est au peuple souverain de trancher.

Question 4.
Chercher qui doit se soumettre. Pourquoi et à qui doit-il se soumettre ?
Se démettre : comment traduire cette expression dans le vocabulaire politique ?

Question 5.
Les résultats des élections et leurs conséquences politiques. La majorité républicaine est-elle consolidée ? Utiliser la chronologie.
La prééminence de l'Assemblée est affirmée ; le régime est désormais parlementaire.
Mac-Mahon s'incline et choisit des ministres républicains. Mais, en désaccord avec eux, il démissionne le 30 janvier 1879. II est remplacé par le républicain Jules Grévy. Les républicains sont maîtres des pouvoirs législatif et exécutif. Le président de la République perd en pratique les pouvoirs que lui avait donnés la Constitution. Plus aucun président de la Troisième République n'osera désormais, en cas de désaccord, dissoudre l'Assemblée.

Exemple de réponse rédigée Question 3.
Après le désastre de Sedan et l'effondrement de l'Empire, une nouvelle Assemblée nationale a été élue le 8 février 1871. Le contexte est favorable aux conservateurs qui obtiennent une très forte majorité. Mais leur espoir de restauration monarchique échoue, Pour Sortir du flou institutionnel, l Assemblée finit par voter des lois constitutionnelles qui donnent encore beaucoup de pouvoir au Président.
Le retour â la paix et la prospérité permettent aux Républicains de gagner la confiance d'une majorité de Français, lors du renouvellement légal de l'Assemblée en 1876. Entre les deux pouvoirs (Président et Assemblée), le conflit devient inévitable. En 1877, la crise oppose donc un Président conservateur et une Chambre nettement républicaine. Deux conceptions politiques s'opposent, La première est favorable à une République dominée par un pouvoir exécutif fort. C'est un régime de type présidentiel. La seconde défend le principe d'une République parlementaire où c'est l'Assemblée qui impose la nomination des ministres responsables devant elle.
Dans un premier temps, Mac-Mahon essaie d'imposer 5e5 vues ; le 166 mai il renvoie les ministres républicains et dissout l'Assemblée. C'est alors au peuple de trancher par le vote.