| Les Courbes de Bézier et les B-Splines (Octobre 2001) |
Une application pratique du Barycentre en Sciences Appliquées : Construction des Courbes
de Bézier et B-Splines en Conception Assistée par Ordinateur.
Par Vincent Lesage, professeur à l'ESAAT de Roubaix, octobre 2001.
A l'occasion d'une recherche bibliographique pour constituer un cours de BTS sur ce sujet,
il est apparu qu'il peut être abordé (partie I. seulement !) en Série S.
En effet, c'est une application directe du Barycentre.
Trois
approches pour revoir la notion de Barycentre (2001)
Attention : la partie concernant les Courbes Paramétrées par contre est sortie
des nouveaux programmes de S.
Le thème des Courbes de Bézier est une notion à multiples facettes, vraiment très
riche, au croisement de nombreux domaines mathématiques très divers : Analyse,
Cinématique, Géométrie Différentielle, Géométrie Affine, Géométrie Projective,
Géométrie Fractale, Probabilités, ...
Les Courbes de Bézier sont par ailleurs devenues incontournables dans leurs applications
concrètes dans l'industrie, l'infographie, ...
Voici donc proposé ici un résumé succinct de la bibliographie importante à ce sujet :
Plan de l'exposé : approche géométrique des Courbes de Bézier et B-Splines
I. Introduction progressive aux Courbes de Bézier
II. Historique bref et autres propriétés importantes des Courbes de Bézier
III. Les Courbes B-Splines définies à partir des Courbes de Bézier
IV. Correspondance des Points de Contrôle Spline - Bézier
Pour approfondir ( réactualisation 2003-2004 ) :
V. Les
Courbes de Bézier Rationnelles
VI.
Les Surfaces de Bézier et les Surfaces B-Splines
VII. Les Surfaces de Bézier Rationnelles
VIII. L'interprétation fractale des Courbes de Bézier
(Définition plus concise, par Subdivision, sans paramétrage)
IX.
Linterprétation probabiliste des Courbes de Bézier (Loi Binomiale)
X. Les Courbes et Surfaces de Bézier dans les calculs
dAires et de Volumes
XI. Les Polynômes -
Approximants de Bernstein et l'expression des Courbes et Surfaces de Bézier dans la Base
fonctionnelle des Polynômes - Poids de Bernstein
XII.
Construction analytique des Courbes Bsplines Uniformes par la Base Bspline
associée.
Si au contraire vous voulez court-circuiter toute théorie mathématique
ou les calculs
qui suivent et savoir quand même en quoi cela consiste (la seule connaissance de la
prise de milieu permet de tracer toutes les courbes qui y sont proposées en exercice !) :
Construction pratique "à la main" des courbes de Bézier et
B-Spline (au format Word, 30 ko)
I. Introduction progressive aux Courbes de Bézier :
Soit M ( t ) le Barycentre de ( A, 1-t ) ( B, t ).
t est la proportion du segment [AB] où se situe le
point M ( t ) :
t = 0 => M = A
t = 0,5 => M = milieu de [AB]
t = 1 => M = B
Quand t parcourt l'intervalle [0,1], il
est clair que le point M( t ) décrit tout le segment [AB].
Vocabulaire :
Le segment [AB] est la Courbe
de Bézier de degré 1 avec points de contrôle A et B.
Les Polynômes 1-t et t sont les Polynômes - Poids de Bernstein de degré 1.
Construisons une courbe paramétrée en rajoutant une 2ème étape à ce qui
précède :
1ère étape :
- Soit M1( t ) le Barycentre de ( A, 1-t ) ( B, t ) ; M1( t )
décrit [AB].
- Soit M2( t ) le Barycentre de ( B, 1-t ) ( C, t ) ; M2( t )
décrit [BC].
2ème étape :
- Soit M ( t ) le Barycentre de ( M1, 1-t ) ( M2 , t ).

Remarque :
M ( t ) se situe à la même proportion du segment [M1 M2] que M1 par rapport
au segment [AB] ou M2 par rapport
au segment [BC].
Propriété de la construction :
La courbe obtenue est l'enveloppe des segments [M1 M2] : en tout
point M, la tangente à la courbe est le segment [M1 M2].
M ( t ) décrit alors une Courbe de Bézier de degré 2, qui, par construction :
commence en A et se
finit en C, et a pour tangentes (AB) en A et (BC) en C.
C'est en fait un arc de Parabole (que nous pourrions noter très logiquement [ABC] ) :

Les propriétés d'association du Barycentre nous permettent d'exprimer M ( t ) plus
directement :
M ( t ) est ainsi le Barycentre de ( A, (1-t)² ) ( B, 2t(1-t) ) (C, t² ).
Vocabulaire :
M ( t ) décrit la Courbe
de Bézier de degré 2 avec 3 points de contrôle A, B et C.
Les Polynômes (1-t)², 2t(1-t) et t² sont les Polynômes
- Poids de Bernstein de degré 2.
Remarque :
Comment faire le lien avec la définition classique dans le plan
Euclidien, la plus connue, avec Foyer
et Directrice D ?
Voir aussi à ce sujet :
Paraboles et tangentes par l'académie de Marseille
Ainsi :
ABC est un triangle rectangle isocèle en B ;
le Foyer est le milieu de [AC] ; la Directrice est la parallèle
à (AC) passant par B :

Rien ne nous interdit de prolonger au delà des extrémités A et C l'arc à
la parabole entière :
il suffit, à partir de la même définition analytique à l'aide des Polynômes -
Poids de Bernstein, de faire varier le paramètre t non dans [ 0 ; 1] (
interpolation ), mais dans
un ensemble encore plus vaste
( extrapolation à l'ensemble R des réels pour obtenir toute la parabole, voire même
à C l'ensemble
des nombres complexes, si l'on veut obtenir par exemple la Surface de Riemann d'équation Z
= z 2 ).
Construisons une courbe paramétrée en rajoutant une 3ème étape à ce qui
précède :
1ère étape : 3 Courbes de
Bézier de degré 1 :
- Soit M1( t ) le Barycentre de ( A, 1-t ) ( B, t ) ; M1( t )
décrit [AB].
- Soit M2( t ) le Barycentre de ( B, 1-t ) ( C, t ) ; M2( t )
décrit [BC].
- Soit M3( t ) le Barycentre de ( C, 1-t ) ( D, t ) ; M3( t )
décrit [CD].
2ème étape : 2 Courbes de Bézier de degré 2 :
- Soit N1( t ) le Barycentre de ( M1, 1-t ) ( M2, t )
- Soit N2( t ) le Barycentre de ( M2, 1-t ) ( M3,
t )
3ème étape : 1 Courbe de Bézier de degré 3 :
- Soit M ( t ) le Barycentre de ( N1, 1-t ) ( N2, t )
Les propriétés d'association du Barycentre nous permettent d'exprimer M ( t ) plus
directement :
M ( t ) est ainsi le Barycentre de ( A, (1-t)3 ) ( B, 3t(1-t)² )
(C, 3t²(1-t) ) (D, t3).
Vocabulaire :
M ( t ) décrit la Courbe
de Bézier de degré 3 avec 4 points de contrôle A, B, C et D.
Elle part de A pour finir en D.
C'est en fait un arc de Cubique (que nous pourrions
noter très logiquement [ABCD] ) :

Les Polynômes (1-t)3, 3t(1-t)² , 3t²(1-t) et t3 sont les Polynômes
- Poids de Bernstein du degré 3.
Intérêt du degré 3 : en plus des courbes d'une plus forte régularité, il
permet de dessiner des plis (comme ceux de la cubique d'équation : y = x3-3x
, en x = 1 ou -1), ou des points d'inflexion (comme celui de la cubique d'équation
: y = x3-3x , en x = 0), ou des points de rebroussements (comme le point médian dans
le chiffre 3), ou des points doubles (comme le croisement dans la lettre alpha),
ce que le degré 2, avec ses arcs de paraboles, ne sait pas faire !
Cas
particulier : Courbe dun Polynôme de degré 3 :
On
peut définir la courbe de la fonction f de la forme :
f(x) = a x3 + b x2 + c x + d ( fonction cubique, de
dérivée f (x) = 3 a x2 + 2 b x + c ),
comme une Courbe de Bézier à 4 Points de Contrôle.
On simpose leurs abscisses : xA < xB < xC
< xD suite arithmétique : ainsi f est définie sur
lintervalle [xA , xD] .
On voudrait alors savoir : quelles ordonnées yA , yB ,
yC , yD prendre D
- Pas de problème pour les 2 extrémités A et D : elles sont sur la
courbe de f :
yA = f(xA) et
yD = f(xD) .
- Quant aux 2 points intermédiaires B et C, ils sont chacun sur une tangente
à la courbe de f :
B sur la tangente en A : yB = yA + (xB
xA) f (xA ) ;
C
sur la tangente en D : yC = yD
+ (xC xD) f (xD) .
Un exercice élémentaire de Dérivation, basé sur cette construction, au
format Word (25 ko)
Cette méthode de calcul se généralise facilement à toute courbe paramétrique
cubique ( x(t) , y(t) ) :
on remplace dans les formules : labscisse par le paramètre de temps t , et
l'ordonnée f(t) par x(t), puis par y(t).
Les points de contrôle Pi ainsi définis ont 3 coordonnées ( tP, xP,
yP ) : pas grave, il suffit denlever le temps !
Remarques :
Les logiciels de géométrie plane Cabri et Geoplan W ont intégré des
fichiers dédiés aux courbes de Bézier de degré 3, permettant de les visionner et de
les manipuler :
sur Cabri : Figures \ Lycée \ Bezier.fig
sur Geoplan W : Exemple2 \ Bezier4.g2w
D'autre part, tous les logiciels de dessin utilisent les courbes de Bézier de
degré 3 :
Exemple : dans Paint, pour rester à un niveau très accessible (disponible dans le
dossier Accessoires de l'environnement Windows), la mise en oeuvre n'est pas très
intuitive (l'introduction des points de contrôle ne se fait pas dans la suite logique !)
:
- Cliquer sur l'icône | Z | , à côté de l'icône | \ | ;
- Tracer d'abord, comme avec | \ | , le segment [AD] en ne relâchant pas le
bouton ;
- Cliquer ensuite consécutivement aux emplacements des points B et C.
Ainsi obtient-on exactement la courbe de Bézier de degré 3 définie par A, B, C, D :

Un arc de parabole exprimé en Bézier de degré 2 se traduit facilement en Bézier de
degré 3 :

Pour obtenir la courbe d'un Polynôme de degré au plus n avec une Courbe de
Bézier de degré n : il suffit de transformer la coordonnée x en fonction affine du
temps t : tout simplement en s'imposant une répartition régulière des abscisses
des n+1 points de contrôle de la Courbe.
Les fonctions usuelles xk définies sur l'intervalle [ -m , m ] ont alors une
représentation Bézier très simple :

Par construction, la courbe paramétrée obtenue comme milieu de deux courbes de Bézier
est elle-même une courbe de Bézier, de points de contrôles les milieux des points de
contrôle correspondants sur chacune des deux courbes.
Cela se généralise : toute combinaison linéaire de fonctions cubiques peut être
obtenue par combinaison linéaire des ordonnées des points de contrôle de Bézier
respectifs engendrant les courbes de ces fonctions, leurs abscisses suivant par ailleurs
une progression arithmétique commune :
Il est à noter aussi que l'intégrale sur l'intervalle du polynôme f est tout
simplement égale au produit de l'amplitude de l'intervalle par la moyenne des
ordonnées des points de contrôle qui engendrent sa courbe sur l'intervalle
!
Voir en fin d'exposé : X. Calculs d'aires et de volume par les Bézier.
Schéma simple résumant
la construction d'une Courbe de Bézier de degré 2 ou de degré 3 par le Barycentre,
proposée par le CRDP de Grenoble (1998)
![]()
Visionner la
construction de M ( t ) quand t varie, pour une Courbe de Bézier de degré 3, activité
interactive proposée par l'Université Laval de Québec (1996)
Visionner
l'influence des Points de Contrôle sur une Courbe de Bézier de degré 3, activité
interactive proposée par la National Taiwan Normal University (2000)
Généralisation à Bézier de degré k :

Cette construction, itérative, peut être poursuivie bien au delà du degré 3 (qui
suffit généralement), jusqu'à n'importe quel degré k.
C'est l'Algorithme de De Casteljau.
On obtient alors une Courbe de Bézier de degré k, à k+1 points de contrôle.
Les Polynômes - Poids de Bernstein de degré k sont alors les k+1 termes du
développement de la somme à la puissance k : [ ( 1-t ) + t ] k , et
la Formule du Binôme fournit leur expression algébrique.
On en
déduit une façon pratique de représenter l'Algorithme de De Casteljau sous une forme
d'arbre analogue à celle du Triangle
de Pascal qui décrit la Formule du Binôme.
Algorithme
de De Casteljau : extrait de la thèse de David Roussel (Paris XI) sur les Courbes de
Bézier et B-Spline (1999)
II. Historique bref et autres propriétés importantes des Courbes de Bézier :
Le concept a été développé initialement dans le cadre
de la construction automobile en France à partir des années 60, par des ingénieurs ( Bézier
chez Renault, De Casteljau chez Citroën ) qui cherchaient à définir de la
manière la plus concise les courbes des carrosseries.
Une Courbe de Bézier est une courbe paramétrique qui permet très simplement, par
construction itérée de Barycentres ( Algorithme de Casteljau ), de réaliser un arc
de courbe continu d'extrémités imposées, et avec des Points de Contrôle qui
définissent les tangentes à cette courbe.
Après traduction de cette construction en coordonnées du point M ( t ) décrivant la
Courbe de Bézier, on se rend compte que les Points de Contrôle définissent plus
exactement les vitesses (pour Bézier de degré 2), voire les accélérations
(pour Bézier de degré 3) du point M ( t ) .
TP pour Terminale S avec calcul des coordonnées du mobile M ( t ) et de son vecteur
vitesse :
Barycentre et Courbes
de Bézier en Terminale S, proposée par l'Académie de la Réunion (1998)
Une Courbe de Bézier revient à réaliser une sorte de Moyenne Pondérée d'une
suite de segments contigus, bornés par les Points de Contrôle.
Remarque :
Les propriétés du Barycentre (conservé par transformation affine quelconque)
entraînent la chose suivante :
Appliquer une même transformation affine à tous les points de contrôle revient à
appliquer cette transformation affine à l'ensemble de la courbe.
Les Courbes de Bézier et courbes dérivées sont ainsi à la base des polices
vectorielles de caractères et images vectorielles utilisées actuellement dans
nos ordinateurs.
Par exemple : mettre une lettre de police vectorielle en italiques revient ainsi à
déplacer ses points de contrôle supérieurs vers la droite d'autant plus qu'ils sont
éloignés de la base de la lettre, invariante (par une transformation affine appelée
"cisaillement") ; de même, en dessin d'animation, le morphing d'une
courbe est beaucoup plus simple à décrire par la seule dynamique de ses points de
contrôle.
III. Les Courbes B-Splines définies à partir des Courbes de Bézier :
Une courbe de Bézier est totalement modifiée dès qu'on déplace un point de contrôle :
on dit que la méthode de Bézier est une méthode globale.
Les Courbes B-Splines Uniformes, relatées aux Courbes de Bézier, ont été
définies
dans les années 70 à travers un algorithme efficace car pyramidal (analogue à
celui de De Casteljau), stable numériquement (coefficients multiplicatifs
toujours positifs) et interprétable géométriquement,
par Cox et DeBoor pour remédier à l'inconvénient de la globalité : le déplacement d'un point de contrôle
de la courbe n'affecte ainsi plus qu'une partie limitée de la courbe, ce qui amène un
plus grand confort dans la Conception Assistée par Ordinateur.
La méthode B-Spline est donc une méthode locale.
Les courbes B-Splines ont été inventées en fait par Schoenberg dès 1947, qui
les définit de façon purement analytique, par morceaux, avec conditions
imposées de régularité. (Pour en avoir la définition et l'expression analytiques
précises : voir
Cours
d'infographie de Christian Jacquemin LIMSI - CNRS Paris Sud (2001))
Parfois, pour mieux comprendre, un bon dessin vaut mieux que de grands discours :
![]()
![]()
Expérimenter
sans peine la construction d'une Courbe de Bézier de degré 3 ou d'une B-Spline de degré
3, activité interactive proposée par l'Université Laval de Québec (1996)
Une B-Spline Uniforme, considérée uniquement du point de vue géométrique, peut être sommairement définie comme une suite de
Courbes de Bézier accolées les unes aux autres de façon à ce que les raccordements
entre elles soient suffisamment lisses aux points de raccord : on recherche la
coïncidence de part et d'autre des vitesses (pour B-Spline de degré 2), voire des
accélérations (pour B-Spline de degré 3).
Exemple :
B-spline Uniforme de degré 2, construite à partir de deux courbes de Bézier de degré
2, notées [ABC] et [CDE] :
Pour avoir l'égalité des vitesses au point de raccordement C, il faut et il suffit que C
soit le milieu de [BD] :
Les Points de Contrôle des Courbes de Bézier, tels que les a défini Pierre Bézier,
deviennent alors dans ce contexte très lourds à manier : aussi l'américain Farin
a eu l'idée judicieuse de les redéfinir totalement, de façon à ce que deux
courbes de Bézier consécutives aient en commun tous leurs points de contrôle,
sauf évidement le premier de l'une et le dernier de l'autre.
Les nouveaux points de contrôle de Farin s'expriment en fait très simplement, comme des barycentres
des Points de Bézier originels à coefficients fixés une fois pour toutes.
[Pour avoir une idée de la
justification théorique : voir le paragraphe XII. :
Construction analytique des Courbes Bsplines Uniformes par la Base Bspline
associée.]
Attention :
les nouveaux points de contrôle ainsi définis ne comprennent plus les extrémités.
Pour imposer le passage par un point donné, il suffit de répéter ce point
un nombre suffisant de fois (lié au degré de la B-Spline) dans la liste des points de
contrôle.
IV. Correspondance des Points de Contrôle Spline - Bézier :
Degré 2 : permet de comprendre la construction de
B-spline Uniforme à partir de Bézier :
Les points de contrôle A, B, C de Bézier sont remplacés par P, Q, R tels que
:
Q = B , seul point originel conservé .
P = symétrique de B par rapport à A .
R = symétrique de B par rapport à C .
Ainsi le segment [PQ] définit
à la fois le point de départ (son milieu) et le vecteur vitesse (donc la tangente) en ce
point.
De même, le segment [QR] définit
à la fois le point d'arrivée (son milieu) et le vecteur vitesse (donc la tangente) en ce
point.
Considérons alors la courbe de Bézier définie par les "nouveaux" points de
contrôle Q, R, S :
le segment [QR] définit
à la fois le point de départ (son milieu) et le vecteur vitesse (donc la tangente) en ce
point : le raccord avec la courbe de Bézier précédente est continu et avec le même
vecteur vitesse (donc la même tangente).
La réunion de ces deux Courbes de Bézier définit ainsi la B-spline Uniforme
de degré 2 de points de contrôle P, Q, R et S :
Puisque le vecteur vitesse tout le long de la B-spline est continu, on dit que la
continuité de la courbe est C1.
Degré 3 :
Ce qui suit pourra apparaître au lecteur comme une recette de cuisine un
peu miraculeuse, mais cela fonctionne bien. Pour avoir une idée de la
justification théorique, il pourra aller voir le paragraphe XII. :
Construction analytique des Courbes Bsplines Uniformes par la Base Bspline
associée.
Construction pratique :
1. Tracer une ligne brisée PQRS.
2. Diviser chaque segment en 3 parties égales (Q, B, C, R sur [QR]).
3. Relier le 2ème tiers d'un segment au 1er du suivant.
4. Prendre le milieu des raccourcis obtenus (A face à Q ; D face à R).
La Bspline contrôlée par P,Q,R,S coïncide avec la courbe de Bézier [ABCD].
5. Rajouter un point T après S crée un courbe de Bézier [DEFG] se raccordant à la
précédente en D de façon lisse optimale : vitesse et accélération communes de part et
d'autre.
L'ensemble des 2 Bsplines PQRS et QRST (3 points de contrôle communs sur 4!) constitue,
par recouvrement, la Bspline PQRST.
Ainsi, la définition des 4 points de contrôle nouveaux P, Q, R, S à partir des 4
anciens points de Bézier A, B, C, D est nettement plus compliquée que pour le
degré 2 : il faut inverser les relations barycentriques observées sur la figure
ci-contre :
A Barycentre de (P, 1) (Q, 4) (R, 1) ; B Barycentre de (Q, 2) (R, 1) ;
C Barycentre de (Q, 1) (R, 2) ; D Barycentre de (Q, 1) (R, 4) (S, 1).
[Comment a t'on obtenu ces relations pas du tout évidentes a priori D Il suffit de
se souvenir qu'une courbe de Bézier de degré 3 est bâtie à partir de 2 arcs de
paraboles [ABC] et [BCD] (courbes de Bézier de degré 2) ; pour prolonger de façon
continue la courbe de Bézier de degré 3 par une autre du même type, il suffit de
choisir [DEF] l'un des deux arcs suivants sur la même parabole que [BCD], dans son
prolongement. Cela aboutit aux relations barycentriques simples : D est le milieu de [CE]
et le symétrique R de B par rapport à C coïncide avec le symétrique de F par rapport
à E (Voir les expressions analytiques des dérivées sur la Base de Bernstein en fin
d'exposé). Il est alors logique de retrouver ce point R parmi les nouveaux points de
contrôle.]

La vitesse et l'accélération en A ne dépendent que des 3 premiers points de contrôle
P, Q, R.
La vitesse et l'accélération en D ne dépendent que des 3 derniers points de
contrôle Q, R, S.
Le
vecteur vitesse et sa dérivée (le vecteur accélération) tout le long de la B-spline de
degré 3 sont pour cette raison continus, on dit que la continuité de la courbe est C2.
Généralisation : pour B-Spline Uniforme de degré n, la continuité de la courbe est C n
- 1.
Pourquoi "Uniforme" ?
Les N courbes de Bézier qui composent la B-Spline sont définies chacune par un paramètre
local t de temps décrivant toujours [0,1] ; si on décale simplement ce
paramètre de +1 d'une courbe de Bézier à la suivante, on fait décrire
alors à t tout l'intervalle [0, N], ce qui évite la répétition du même t, et donc
autorise une définition paramétrique globale de la B-Spline.
On appelle Vecteur de Noeuds la donnée de la suite croissante ti des
temps de parcours sur la B-Spline signalant un changement de courbe de Bézier : le
Vecteur nodal de la B-Spline vaut ici (0, 1, 2, ..., N) ; la répartition de ces valeurs
est donc uniforme !
Conversion
analytique Spline - Bézier de degré 3 : extrait de la thèse de David Roussel (Paris XI)
sur les courbes de Bézier et B-Spline (1999)
Une Courbe B-Spline revient ainsi à faire sur la suite de segments définis par
les nouveaux Points de Contrôle une sorte de Lissage par Moyenne Mobile
(en regroupant par paquets de 2 segments pour B-Spline de degré 2, de 3 segments pour
B-Spline de degré 3, ... => de k segments pour B-Spline de degré k).
Avant de passer à la suite, il est à noter ici que toute construction dans le Plan,
qui ne nécessite que la notion de Barycentre, est généralisable à n'importe quel
Espace de dimension supérieure, sans rien changer.
Pour approfondir :
V. Les Courbes de Bézier Rationnelles :
Les
Courbes de Bézier (et les B-Splines dérivées) obtenues par Barycentration en
Géométrie Plane, ont linconvénient majeur de ne pouvoir reproduire quun
seul type de Conique : larc de Parabole.
Pour dessiner un arc de Cercle, dEllipse ou dHyperbole,
un détour par la Géométrie Projective simpose : ceci revient à plonger le
Plan dans un Espace de dimension 3, pour construire une parabole dans cet Espace, et la
"voir" à travers le Plan comme on la verrait à travers une vitre.
Pour plus de détails théoriques (Géométrie Projective), consulter par exemple :
Perspective
et Géométrie Projective, par Chronomath et l'IREM de Marseille (2001)
Perspective (ou Projection) Centrale, entre autres Perspectives (2001)
En effet : toute Conique tracée dans un Plan de lEspace de dimension 3 peut
être obtenue par Projection Centrale dune Parabole de cet Espace. Cela tient
essentiellement au fait que tout Plan de l'Espace strictement parallèle à une Droite
Génératrice de Cône coupe ce cône en une parabole.
Pour
illustrer concrètement ceci, voici comment on peut tracer le Quart de Cercle
inscrit dans un triangle ABC rectangle isocèle en B, situé entièrement dans le plan
déquation (z = 1) :
D, le symétrique de lOrigine O par rapport à A, est donc dans le plan ( z = 2
).
La Courbe de Bézier de degré 2, définie dans lEspace par les points de contrôle
consécutifs D, B et C, est un arc de parabole inscrit dans le Triangle DBC.
On peut alors démontrer que, par la Projection Conique de centre O, sur le plan ( z = 1
), cet arc a pour image le Quart de Cercle inscrit dans ABC.
En langage plus concret : la parabole est "vue" comme un cercle.

Soit
N(t) le point courant décrivant la parabole :
N(t) peut donc sexprimer comme barycentre de (D, (1-t)²) (B,2t(1-t)) ( C, t²), t
décrivant [0,1].
Soit M(t) limage de N(t) par la projection centrale de centre O sur le plan ( z = 1
).
Ses coordonnées sont donc celles de N(t) divisées par la cote z(t).
M(t) décrit le quart de cercle quand t passe de 0 à 1.
Le calcul de ses coordonnées fait apparaître que :
M(t) est le Barycentre de (A, 2(1-t)²)
(B,2t(1-t)) ( C, t²).
Cest pratiquement la même formule que pour la Courbe de Bézier de
degré 2 définie par A, B et C ; la seule chose qui change étant la multiplication
par un poids wA = zD = 2 du coefficient de Bernstein de A : on
observe ainsi la sur-pondération de l'une des deux extrémités.
[Si ne pas sur-pondérer une des extrémités ( wA = 1 ) donne un arc de
Parabole, et sur-pondérer ( wA > 1 ) un arc de Cercle ou
d'Ellipse, alors logiquement sous-pondérer ( 0 < wA < 1
) aboutit à un arc d'Hyperbole.]
La somme des coefficients de A, B, C nest
donc plus 1, mais un polynôme en t : les coordonnées de M(t) ne sexpriment
plus alors comme des polynômes en t, mais comme des quotients de polynômes en t.
[Ici le dénominateur vaut 1 + (1-t)² , il est donc strictement positif :
Même signe au dénominateur pour tout t ó la courbe est
un arc de Cercle ou d'Ellipse ;
Existence de nombres réels t annulant le dénominateur ó la courbe est
un arc d'Hyperbole (le paramètre t doit alors éviter ces valeurs pour que l'arc
existe).]
Doù le nom de « Courbe de
Bézier Rationnelle » pour la courbe paramétrique ainsi obtenue. On peut alors,
dans l'esprit des paragraphes précédents, prolonger cette construction pour
aboutir à la notion de B-Spline Rationnelle Non Uniforme, "NURBS"
en anglais, largement utilisée en CAO - DAO ou dans les logiciels graphiques
professionnels.

Remarque :
Le paramétrage obtenu pour cet arc est transposable à tout arc semblable du
plan.
On modifie alors peu de choses à la construction élémentaire précédente pour
obtenir dans la foulée :
- Un Demi Cercle => Une Réflexion par rapport à ( y = 0 ) donne le Quart de
Cercle manquant.
- Un Quart dEllipse => Une Dilatation suffit : prendre ABC triangle
rectangle seulement.
- Un Arc de Cercle dangle géométrique donné â
< 180 ° => Prendre ABC triangle isocèle de sommet B et dangle à la base
â/2 ; le multiplicateur 2 est changé en 1 / cos ² ( â/2 ).
- Un Quart de Cercle par une Courbe de Bézier Rationnelle de degré 3 :
déduire par équivalence Bézier degré 2 ó Bézier
degré 3 les 4 points de contrôle.
Dans les deux derniers cas, on récupère
d'abord les points de contrôle déterminant larc de parabole antécédent de
l'arc de cercle par la projection centrale, ensuite on en déduit leurs cotes z ( =
sur-pondérations des points images), puis leurs images dans le plan (z = 1), coïncidant
avec les points de contrôle de la Courbe de Bézier Rationnelle.
Il est à noter ici que la lecture conjointe
des 3 vues (de face, de dessus et de profil) de la Représentation Géométrale,
utilisée en Géométrie Descriptive, facilite grandement la vision de ces calculs.

Il y a une façon alternative, avec Bézier Rationnelle de degré 2, de faire un Arc de
Cercle dangle géométrique donné â < 180° :
=> Prendre ABC triangle isocèle de sommet B et dangle à la base â/2 :
au lieu de sur-pondérer l'une des 2 extrémités, on peut sous-pondérer
le point central :
soit : wA = wC = 1 et wB =
cos ( â/2 ) .
Ce résultat peut se retrouver en utilisant la Représentation Géométrale du Cône comme
dans l'exemple précédent ; elle permet de même de déduire les sous-pondérations des 2
points de contrôle centraux lors du passage à Bézier de degré 3.
VI. Les Surfaces de Bézier et les Surfaces B-Splines :
Comment définir simplement une Surface
de Bézier dans lEspace D Il suffit de
la déclarer de façon analogue au géographe cartographiant une portion de la
Sphère Terrestre : par un quadrillage régulier selon la latitude et la longitude.
On définit alors naturellement dans lEspace les Points de Contrôle A i
j , dont les positions relatives permettent de régler la forme et laltitude
de la surface à lintersection de la latitude i et de la longitude j . La
Surface de Bézier de degré (m,n) correspondante se construit en deux étapes :
1ère étape : Réseau de « parallèles » :
Création de (m+1) , Courbes de Bézier de degré n, de paramètre commun v
décrivant [0,1] :
- A 0 0, A 0 1 ,
, A 0 n définissent M 0 (
v ), courbe frontière limitant la surface en latitude.
- A 1 0, A 1 1 ,
, A 1 n définissent M 1 (
v ), courbe intermédiaire voisine, analogue à une courbe de latitude
constante, mais pas forcément incluse dans la surface.
- etc
- A m 0, A m 1 ,
, A m n définissent M m (
v ), lautre courbe frontière limitant la surface en latitude.
2ème étape : Courbe Isoparamétrique « méridienne »
:
Création de la courbe de longitude constante associée à une valeur
« gelée » du paramètre v :
- M 0 ( v ), M 1 ( v ),
M m ( v )
définissent M(u,v), Courbe de Bézier de degré m, de paramètre u décrivant
[0,1].
Le « dégel » du paramètre v permet alors à M(u,v) de décrire de
façon continue toute la Surface de Bézier.
Remarque :
La construction permet d'exprimer sans difficulté M(u,v) comme Barycentre des Points
de Contrôle A i j .
Le calcul du coefficient affecté à A i j fait apparaître qu'il est le produit
des coefficients lignes par colonnes : c'est-à-dire ici le produit du Polynôme -
Poids de Bernstein B n,i ( u ) par le Polynôme - Poids de Bernstein B m,j
( v ) , et quon obtient exactement le même résultat, (donc au final la
même surface) en permutant latitude et longitude, parallèles et méridiens, lors
des 2 étapes successives.
Ainsi, on peut assimiler la Surface de Bézier de degré (m,n) à un Produit
de Courbes de Bézier de degré m par des Courbes de Bézier de degré n.
Un exemple d'application très simple : Surface de Bézier de degré (1,1),
de Points de Contrôle : A 0 0 (-1,-1,1) , A 0 1 (-1,1,-1) , A
1 0 (1,-1,-1) , A 1 1 (1,1,1) :
avec un tel choix : l'abscisse x coïncide exactement avec la latitude et l'ordonnée y
avec la longitude.
1ère étape :
Création de 2 « parallèles », Courbes de Bézier de degré 1
(segments), de paramètre commun v décrivant [0,1] :
- M 0 ( v ) = Barycentre de ( A 0 0 , 1-v ) ( A 0 1 , v )
,
décrit le segment [A 0 0, A 0 1] frontière limitant
la surface en latitude (x = -1).
- M 1 ( v ) = Barycentre de ( A 1 0 , 1-v ) ( A 1 1 , v )
,
décrit le segment [A 1 0, A 1 1] frontière opposée
limitant la surface en latitude (x = 1).
2ème étape :
Création de la courbe de longitude constante (y = 1 - 2 v) associée à une valeur
« gelée » du paramètre v :
- M(u,v) = barycentre de (M 0 ( v ), 1-u ) (M 1 ( v
), u ) ,
décrit, à v constant, le segment [M 0 ( v ), M 1 ( v
)] , quand le paramètre u décrit [0,1].
Les propriétés d'association du Barycentre permettent d'exprimer M(u,v) sous la forme :
M(u,v) = Barycentre de ( A 0 0 , (1-u) (1-v) ) ( A 0 1 , (1-u) v ) (
A 1 0 , u (1-v) ) ( A 1 1 , u v )
On observe ici que les coefficients des Points de Contrôle sont bien les produits de Polynômes
- Poids de Bernstein de degré 1 en u et en v : 1-u, u et 1-v, v
Le calcul des coordonnées de M(u,v) donne alors :
x = 1 - 2 u ; y = 1 - 2 v ; z = 1 - 2 u - 2 v + 4 u
v = (1 - 2 u)(1 - 2 v) = x y
La Surface de Bézier ainsi construite s'avère être un morceau significatif du Paraboloïde
Hyperbolique d'équation z = x y, surface réglée (par recours au degré 1) en
forme de Selle de Cheval, qu'on a pu en fait résumer à 4 points stratégiquement
placés :

Une Surface de Bézier est aussi
appelée dans la littérature Carreau de Bézier ou Patch de
Bézier. Voici les types de Carreaux de Bézier de degré (m,n)
les plus utilisés dans la pratique graphique :
- Patch de Bézier de degré (1,1) = Patch de Bézier
Bilinéaire, minimum nécessaire pour réaliser une surface réglée coincée
entre 4 segments (incluse dans un Plan, ou dans un Paraboloïde
Hyperbolique). (2x2 points de contrôle, les 4 frontières sont des segments)
- Patch de Bézier de degré (2,2) = Patch de Bézier
Biquadrique, minimum nécessaire pour représenter une surface à creux ou à bosse
(incluse dans un Cylindre Parabolique, un Paraboloïde Elliptique
ou dans un Paraboloïde Hyperbolique). (3x3 points de contrôle, les 4
frontières sont des segments ou des arcs de parabole ; laltitude
du point de contrôle central détermine le réglage du creux ou de la bosse) :

- Patch de Bézier de degré (3,3) = Patch de Bézier
Bicubique, minimum nécessaire pour représenter une surface à pli, ou
soumise à torsion. (4x4 points de contrôle, les 4 frontières sont des
arcs de cubique)
- Dès quon veut par contre représenter des parties de Cylindres, Sphères
, Ellipsoïdes ou dHyperboloïdes, on doit avoir recours
aux Surfaces de Bézier Rationnelles, prolongement de la notion.
Comment définir simplement une Surface
B-Spline Uniforme dans lEspace D Il suffit de
reprendre la définition de la Surface de Bézier, à condition de :
- Changer « Bézier de degré n (resp. m) » par « B-Spline Uniforme
définie par n (resp. m) segments consécutifs »
- Changer « u (resp. v) décrivant [0,1] » par « u (resp. v) décrivant
[0,m] (resp. [0,n]) »
- Ne plus tenir compte des remarques à propos des frontières, quon redéfinit
alors de la façon la plus générale : les frontières coïncident avec les 4 courbes isoparamétriques
limites : M(0,v) , M(u,0) , M(m,v) et M(u,n).
VII. Les
Surfaces de Bézier Rationnelles :
On généralise la méthode abordée pour construire les Courbes de Bézier
Rationnelles :
Projection Centrale dans un Espace de dimension 4 (au lieu de 3 dans le cas des
Courbes), dont la traduction concrète est la sur-pondération (resp. sous-pondération)
par w i j de chaque Point de Contrôle A i j de
la Surface :
Ainsi : M(u,v) Barycentre des ( A i j ,
B n,i ( u ) x B m,j ( v ) ) (Surface de
Bézier)
devient : M(u,v) Barycentre des ( A i j ,
w i j x B n,i ( u ) x B m,j ( v )
) (Surface de Bézier Rationnelle).
Exemple : le Huitième de Sphère, par un Patch de Bézier Biquadratique
Rationnel :
Les 9 points de Contrôle sont tous des sommets du Cube Unité, et parmi eux, 3 sont
confondus :
Indice i,j |
0 , 0 |
1 , 0 |
2 , 0 |
0 , 1 |
1 , 1 |
2 , 1 |
0 , 2 |
1 , 2 |
2 , 2 |
x |
1 |
1 |
0 |
1 |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
y |
0 |
1 |
0 |
0 |
1 |
1 |
0 |
0 |
0 |
z |
0 |
0 |
0 |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
w |
1 |
1 / V2 |
1 |
1 / V2 |
1 / 2 |
1 / V2 |
1 |
1 / V2 |
1 |
Comme on peut bien
l'observer dans cet exemple, les surpoids
des Points de Contrôle de la Surface de Bézier Rationnelle se déduisent, de façon
générale, des produits ligne par colonne de ceux des Courbes de Bézier
Rationnelles (ici quarts de cercles) isoparamétriques correspondantes.

On remarque alors aussi :
- la frontière M(0,v) , courbe de Bézier Rationnelle Biquadratique définie par le
triangle isocèle rectangle A 0 0 , A 1 0 , A 2 0 est
donc un quart de cercle, avec les surpoids correspondants choisis (sous-pondération w =
1/V2 du sommet A 1 0 ) .
- idem pour les 2 autres frontières :
M(u,0) par A 0 0 , A 0
1, A 0 2 ; et M(u,1) par A 2 0 , A 2 1 et A 2
2
- la frontière M(1,v) se réduit elle au sommet triple A 0 2 = A 1 2
= A 2 2 .
- le calcul des coordonnées de M(u,v) par Formule du Barycentre valide
lappartenance à la Sphère Unité :
x 2
+ y 2 + z 2 = 1
.
VIII. L'interprétation fractale des Courbes de Bézier :
Il existe depuis peu une définition alternative très concise (et très
efficace lors de la mise en oeuvre algorithmique) des Courbes de Bézier, sans recours
à la cinématique, faisant appel seulement à la Construction de Hutchinson,
purement géométrique, d'une Fractale Autoaffine, en prenant garde d'exprimer dans
le repère barycentrique approprié les transformations affines associées
:
D'après
le résumé de la thèse soutenue à ce sujet par Chems Eddine Zaïr, du LIGM, Université
Claude Bernard de Lyon (1998)
LAlgorithme de Casteljau, très rapide quand il sagit dobtenir un
point de paramètre donné sur la Courbe de Bézier, devient lourd quand on doit le
répéter pour dautres valeurs du paramètre afin de tracer une bonne approximation
de la courbe. Dans la pratique, on lui préfère nettement les Méthodes de Subdivision,
nettement plus rapides, qui en sont cependant dérivées directement : elles se
concentrent sur une valeur constante du paramètre : t = 1/2 , qui permet d'obtenir un point
intermédiaire sur la courbe par prise de milieu(x) uniquement.
(On peut sans difficulté généraliser les méthodes de subdivision à
toute valeur arbitraire fixée de t, non seulement pour interpoler mais aussi extrapoler
: par exemple, le choix de t = -1 ou t = 2 permet de prolonger la courbe de façon uniforme de part
ou d'autre de l'arc de Bézier. Cet artifice donne en prime l'accès à une
construction géométrique des points de contrôle de la B-spline uniforme
correspondante !)
Elles tirent parti de la Propriété dAuto-Affinité des Courbes de Bézier,
qui autorise leur description récursive, à linstar des fractales
engendrées par les "Iterated Function Systems" de Barnsley.
a href="../../geom/fractal/fractales.htm"
target="_blank">Pour comprendre les IFS : exercices de tous niveaux pour initier
à la Géométrie Fractale (mars 2001)
Dès lAntiquité, Archimède utilise une méthode de subdivision des arcs de
paraboles (Méthode de Déplacement du Point Milieu), qui lui permet de calculer laire comprise entre arc
et corde par la Méthode dExhaustion (Voir détails en fin d'exposé :
X. Calculs d'aires et Bézier). Plus tard, Benoît Mandelbrot utilise exactement
la même propriété
pour créer des courbes fractales de type Mouvement Brownien (cf. The Science of Fractal
Images, 1985, Springer Verlag, page 11). Dans la même période (1974), George Chaïkin
la reprend pour produire de façon optimale des Courbes de Bézier.
La Propriété de Dichotomie de lArc de Parabole par les Milieux :
( énoncé d'Archimède traduit en langage Bézier ) :
- Si larc de parabole [ABC] est défini comme Courbe de Bézier de degré 2 de
points de contrôle consécutifs A, B, C ;
- Si I, J, K sont les milieux des segments [AB], [BC] et [IJ] ;
- Alors larc de parabole [ABC] est la réunion des 2 arcs de parabole [AIK] et [KJC]
.
Interprétation IFS :
Larc [ABC] est autoaffine : en effet il est la réunion de ses propres images
par les transformations affines contractantes du Plan f1 et f2
définies par :
f1 : A, B,
C à A, I, K
et
f2 : A, B, C à K, J, C .

Chacune des transformations est ici la composée d'une dilatation contractante, suivie
d'un cisaillement suivant la direction (BK).
Conséquence : lAlgorithme de Subdivision de Chaïkin :
- 1ère étape : les points de départ A, B, C sont remplacés par A,
I, K, J, C .
( larc [ABC] est remplacé par les 2 arcs [AIK] et [KJC]. )
- 2ème étape : on repart des arcs [AIK] et [KJC] , et on leur applique
la 1ère étape.
- et ainsi de suite
on sarrête dès quon dispose dassez de
points pour tracer la courbe.
Lalgorithme double le nombre darcs à chaque étape : il
est donc extrêmement rapide !
[ Si, lors de sa mise en uvre concrète, on relie à chaque étape les points
consécutifs par un segment, on voit que la procédure de Chaïkin consiste à tracer un Raccourci
par les Milieux pour mieux coller à la Courbe.]
Dans la pratique, les calculs sont considérablement facilités si lon
exprime systématiquement les transformations affines contractantes f1
et f2 par leurs matrices, exprimées dans le Repère Barycentrique
associé aux Points de Contrôle de Bézier.
Les
Coordonnées Barycentriques sur un autre exemple : expression de la projection en
Pespective Cavalière (2001)
Cela autorise en outre un accès (optionnel) au paramètre « temps
de parcours » sur la Courbe : à tout point du Plan on peut rajouter une
coordonnée supplémentaire t ; pour que t puisse jouer le rôle du temps, il
suffit daffecter aux Points de Contrôle de Bézier successifs des valeurs de t
uniformément réparties croissant de 0 à 1.
Cela permet enfin une transposition sans peine de lAlgorithme IFS
Bézier vers lAlgorithme IFS B-Spline Uniforme correspondant, par simple changement local de Repère Barycentrique.
(On a alors la bonne surprise, après la transposition, de constater que le paramètre t
rajouté coïncide parfaitement avec le temps de parcours sur la B-Spline !)
Rappel sur la mise en uvre des IFS :
il y a deux implémentations possibles pour tracer l'attracteur de l'IFS déduit de
f1 et f2 :
- l'algorithme pseudo-aléatoire de Mickael Barnsley, pour tracer point par
point :
on part d'un point qu'on sait sur la courbe ; on calcule et trace son image par f1 ou
f2 au hasard, et on recommence la procédure avec le nouveau point : la suite
obtenue décrit la courbe, mais pas dans l'ordre chronologique !
- l'algorithme récursif exhaustif, pour tracer (à la façon du langage Logo)
segment par segment :
pour les Béziers et B-Splines, il coïncide exactement avec l'Algorithme du Raccourci
(Cut Corners ) de Chaikin :

En voici une implémentation avec une macro de Cabri-Géomètre :
- Activer la macro "Bezier2" (7ème icône : X ou Y, qui devient
alors B2) ;
- Cliquer consécutivement sur les 2 segments de départ, en bas à droite :
Fichier
Cabri-Géomètre : Bezier2.fig (15 ko)
Comprendre le maniement d'une macro de Cabri, avec la mise en oeuvre d'un autre exemple
d'Algorithme de Subdivision :
Construction de la Courbe de Von Koch, avec une macro de Cabri (2001)
Extensions de lAlgorithme de Chaïkin :
- aux courbes continues voisines de type fractal :
Modifier légèrement l'intensité du cisaillement en K rend la courbe rugueuse, comme la
trajectoire fractale d'un mouvement Brownien. C'est un
moyen simple de superposer à la courbe une texture dès sa construction, sans
recourir à une procédure supplémentaire.
- aux Courbes de Bézier de degré 3 :
La propriété de Dichotomie des arcs de paraboles est généralisable aux Courbes
Cubiques dans lEspace :
Notons [ABCD] larc de cubique du Plan de points de contrôle consécutifs A, B,
C D.
Opérons ici une dichotomie à 3 niveaux :
I milieu de [AB] ; J milieu de [BC] ; K milieu de [CD] ;
P milieu de [IJ] ; Q milieu de [JK] ;
R milieu de [PQ] .
Alors : larc de cubique [ABCD] est la réunion des arcs de cubiques [AIPR] et
[RQKD].

En voici une implémentation avec une macro de Cabri-Géomètre :
- Activer la macro "Bezier3" (7ème icône : X ou Y, qui devient
alors B3) ;
- Cliquer consécutivement sur les 3 segments de départ, en bas à droite :
Fichier
Cabri-Géomètre : Bezier3.fig (23 ko)
- aux Courbes de Bézier de degré k :
La propriété de Dichotomie des arcs de paraboles est généralisable aux Béziers de
degré k dans lEspace de dimension k .
Si l'Espace de départ est de dimension plus petite que k, on le plonge dans un Espace
de dimension k, en rajoutant les coordonnées manquantes ad libidum pour chaque
point de Contrôle. Puis on projette sur l'Espace de départ les points obtenus
après subdivision de Chaïkin.
Exprimé plus rigoureusement : une Courbe de Bézier de degré k est le résultat de la projection
d'un attracteur IFS de 2 transformations affines contractantes définies dans
un Espace de dimension k au moins (on
peut éventuellement aussi rajouter le paramètre temps t, pour le faire apparaître
explicitement dans les calculs).
- aux Courbes B-Splines :
Les Points de Contrôle dune B-Spline sexpriment comme Barycentre des Points
de Contrôle des Béziers qui la constituent, et la relation est réversible. Toute
subdivision des Points de Contrôle d'une des Courbes de Bézier par l'Algorithme du
Raccourci de Chaïkin se traduit donc en une subdivision équivalente des
Points de Contrôle de la B-Spline correspondant à ce morceau précis de la courbe.
En recommençant, morceau après morceau, la subdivision autant de fois que nécessaire,
la réunion des derniers points de contrôle obtenus forme une bonne approximation de la
B-Spline.
(Les relier dans l'ordre chronologique donne la version B-Spline de l'Algorithme du
Raccourci de Doo - Sabin.)
Interprétation IFS :
La Courbe B-Spline résulte d'un IFS qui coïncide précisément,
malgré les apparences, avec l'IFS de la Courbe de Bézier à laquelle elle
s'identifie localement :

Globalement la Courbe B-Spline résulte donc d'une collection d'IFS, à la manière
d'un paysage fractal constitué de plusieurs fractales bien différenciées.
On notera au passage que pour faire coïncider le temps t = 0 avec le
point de départ de la courbe B-spline, on doit choisir pour temps correspondant au premier point de
contrôle un temps antérieur (1n)/2, donc négatif, et incrémenter de +1 à chaque fois pour obtenir
le temps associé au point de contrôle suivant. Ainsi on récupère sur le dernier point de contrôle
le même écart de temps par
rapport à la fin de la courbe qu'entre le premier point de contrôle et le début de la courbe.

[Exemple 1 :
Pour construire une B-Spline de degré 2 (figure ci-dessus) : l'Algorithme du
Raccourci de Doo - Sabin revient simplement, à chaque étape, à subdiviser en 4
chaque segment de la ligne brisée, à éliminer dans le résultat les 2 segments
extrêmes obtenus et à relier par un nouveau segment aux voisins les plus proches la
réunion des 2 segments médians restants.]

[Exemple 2 :
Pour construire une B-Spline de degré 3 (figure ci-dessus) : l'Algorithme du
Raccourci de Catmull - Clark revient simplement, à chaque étape, à remplacer
la ligne brisée PQRS par les 2 lignes brisées s'appuyant sur les milieux des segments et
les barycentres de (P;1)(Q;6)(R;1) et (Q;1)(R;6)(S;1) .]
- aux Surfaces de Bézier et B-Spline :
On généralise la méthode de Chaïkin aux Surfaces de la façon suivante :
Une Surface de Bézier résulte d'un croisement ligne-colonne de Courbes de Bézier
(=Produit Tensoriel) ; les poids dans les formules barycentriques exprimant les
nouveaux points de contrôle à partir des anciens sont les produits des poids, ligne
par colonne. On passe ensuite aux B-Splines par changement de repère
barycentrique.
Conséquence : une Surface de Bézier peut être reconstituée par un IFS
de 2 x 2 = 4 transformations affines.
Exprimé
plus rigoureusement : une Surface de Bézier, engendrée
par n Points de Contrôle en tout, résulte de la projection sur
un Espace de dimension 3 de lattracteur IFS de 4 fonctions
affines contractantes définies, elles,
dans un Espace à n 1 dimensions au moins (on peut éventuellement
aussi rajouter les paramètres u et v, pour les faire apparaître explicitement dans les
calculs).
Illustration la plus simple : l'IFS d'une Surface de Bézier Bilinéaire (morceau
de Paraboloïde Hyperbolique, voir dessin plus haut) est représentable par 4
transformations affines contractantes de l'Espace usuel de dimension 3 ( = 4 points de
Contrôle 1 ) , chacune d'elle étant la composée d'un vissage (ce
qui explique la forme tordue), d'un cisaillement plan et d'une dilatation contractante :

Ainsi lAlgorithme de Doo - Sabin (1978) de génération de Surfaces par
subdivision est la généralisation de la construction de Doo-Sabin des Courbes B-Splines
quadratiques aux Surfaces B-Splines Biquadratiques. (IFS à 8
dimensions)
De même, lAlgorithme de Catmull Clark (1978) de génération de
Surfaces par subdivision, le plus utilisé, est la généralisation de la construction de
Catmull- Clark des courbes B -Splines cubiques aux Surfaces B-Splines Bicubiques. (IFS
à 15 dimensions)
Ces deux algorithmes reviennent à définir la Surface par un Polyèdre de départ
très sommaire, quon subdivise ensuite de plus en plus, par des opérations
très simples de prise de Barycentre sur les sommets obtenus à chaque
étape.
Exemple
: Surface B-Spline Quadratique, obtenue par Subdivision de Chaikin, exposé par Christine
Vercken, de l'ENST (1995)
IX.
Linterprétation probabiliste des Courbes de Bézier :
Soit la Courbe de Bézier de degré k, à k+1 Points de Contrôle notés A 0, A
1,
, A k .
Nous avons vu que le paramètre t détermine
un point M ( t ) sur la Courbe, qui la décrit entièrement quand t parcourt tout
lintervalle [ 0 ; 1].
Donc le paramètre t a une vocation naturelle à représenter une probabilité.
De plus, les Polynômes - Poids de Bernstein rencontrés dans
lexpression des coordonnées de M ( t ) apparaissent aussi dans lexpression
des probabilités de la Loi Binomiale B( k, t ).
Rien de plus normal : considérons par exemple la variable aléatoire X définie
par :
X est le nombre dinjonctions « 1 pas en avant » dans k tirages
aléatoires entre les ordres « Rester immobile » (= échec)
et « 1 pas en avant » (= succès) quand
la probabilité dobtenir « 1 pas en avant » est constante,
égale à t.
(X suit donc la Loi Binomiale B(k, t)).
Construisons à partir de la variable X le
point aléatoire P(X) = A X :
A X est le point de contrôle obtenu (on démarre du premier point
de contrôle A 0 ) après k tirages consécutifs avec la probabilité t
constante d'avancer à chaque tirage.
P(X) est donc le résultat (au bout de k pas) dune Marche Aléatoire sans
retour en arrière sur un graphe séquentiel :
Exemple pour k = 2 :
A 0
------------------------------ A 1 ------------------------------ A 2
X =
0
X =
1
X = 2 pas en tout
Point
de
départ
à En
Avant
Ainsi, quand t = 0 (le succès est impossible) , le point mobile, au bout des k
tirages, reste toujours au point de contrôle le plus à gauche : en A 0 .
Et quand t = 1 (le succès est certain), le point mobile, au bout des k tirages, aboutit
systématiquement in fine au point de contrôle le plus à droite, en A k
.
En termes de Probabilités, lanalogue du Barycentre est lEspérance
Mathématique, et les équivalents des Coefficients du Barycentre
sont alors les Probabilités.
La position moyenne E ( P ( X ) ) = E ( A
X
) du point aléatoire P(X) , coïncide alors exactement avec le point courant de la
Courbe de Bézier M ( t ) .
Remarques :
- Si de plus les abscisses des points de contrôle suivent la suite
arithmétique 0, 1,
, k , alors lespérance mathématique des abscisses est kt
( Propriété de la Loi Binomiale B(k,t) ) .
Il en vient que si les abscisses des points de contrôle suivent nimporte quelle
suite arithmétique, alors lespérance mathématique des abscisses ( = abscisse
de M ( t ) au final ) est une fonction affine de t.
Dans ce cas précis, la Courbe de Bézier est donc identifiable à la courbe
dune fonction polynomiale de degré k de la variable t.
- Dautre part, linterprétation probabiliste des Courbes de
Bézier permet de comprendre pourquoi les points de contrôle se rapprochent dautant
plus de la Courbe quils sont en plus grand nombre (convergence).
- LAlgorithme de De Casteljau suggère d'autres
constructions probabilistes simples donnant le même résultat M ( t ) .
- Extension très simple vers les Surfaces de Bézier :
Si elles sont définies par le réseau des points de contrôle A i , j
i = 0 à m ; j = 0 à n,
si u et v sont les paramètres locaux (définis dans [0 ; 1]) de la surface de Bézier de
degré (m, n).
si X et Y sont deux variables aléatoires indépendantes suivant les Lois Binomiales B(m,
u) et B(n,v),
alors le point courant de la Surface de Bézier est la position moyenne du point
aléatoire A X,Y :
M ( u, v ) = E ( A X,Y ) .
X. Les Courbes et Surfaces de Bézier dans les calculs
dAires et de Volumes.
1. Aire entre arc de parabole par
Dichotomie dArchimède (ou Subdivision de Chaïkin)
Le savant de Syracuse, comme il la déjà utilisée aussi pour estimer laire
comprise entre corde et arc de cercle, utilise sa Méthode dExhaustion pour donner un encadrement de plus en plus fin dune aire comprise entre corde et arc de Parabole :

au départ lencadrement à létape 0 est le plus simple possible :
0 <
Aire du fuseau entre arc [ABC] et corde [AC] < Aire (ABC) = 1
Il y a deux façons darriver à laire du fuseau, en se reposant sur les
étapes successives de la construction récursive de larc de parabole, qu'Archimède
avait déjà remarquée sous une formulation très voisine :
- se rapprocher par
lextérieur de larc, en
rognant les coins du triangle ABC ;
- se rapprocher par lintérieur de larc, en accumulant les triangles dans le fuseau :
à lissue de la 1ère étape, lencadrement devient donc :
Aire du triangle AKC = ½ < Aire du fuseau
< Aire du trapèze AIJC = ¾
On subdivise ensuite les arcs [AIK] et [KJC] ; on a alors de même :
½ Aire AIK = 1/16 < Aire
du fuseau entre [AIK] et [AK] < ¾ Aire AIK = 3/32
½ Aire KJC = 1/16 < Aire du fuseau entre [KJC] et [KC] < ¾
Aire KJC = 3/32
ajoutons ce qui manque pour récupérer laire du fuseau entre arc [ABC] et
corde [AC] :
Aire [ABC]-[AC] = Aire [AIK]-[AK] + Aire [KJC]-[KC] + aire AKC
Ceci se traduit par lencadrement à lissue de la 2ème étape
:
5/8 <
Aire [ABC]-[AC] < 11/16
On peut généraliser à létape n en remarquant
que dans lapproche extérieure, on retire toujours le quart du
dernier retrait, soit la
suite : 1 ¼ (¼) 2 (¼) 3 (¼) 4
(¼) n ,
convergeant par valeur supérieure vers 2/3. (on utilise le théorème de convergence du cumul
de suite géométrique)
De même, on peut généraliser à létape n en remarquant que dans lapproche intérieure, on
ajoute toujours la moitié du dernier ajout, soit la suite : ½ + ( ½ )2
+ ( ½ )3 +
+ ( ½ )n , convergeant par valeur inférieure
vers 2/3 aussi.
Le calcul de laire est beaucoup plus élégant par un calcul récursif, calqué sur la construction récursive par
lIFS :
Les applications f1 et f2 utilisées dans lIFS sont affines : cela signifie quelles
assurent la conservation du Barycentre, qui entraîne celle des proportions daires. Chacune de ces transformations
affines réduit donc toutes les aires
dun facteur constant (égal à la valeur absolue de son déterminant), quon peut évaluer
rapidement en regardant ce que f1 et f2 ont fait de ABC : AIK
et KJC sont des triangles daire 1/8 de celle du triangle de départ ABC.
Donc si au départ , le fuseau [ABC]-[AC] occupe une proportion x de laire du
triangle ABC, alors cela reste valable pour leurs images par f1 ou f2
.
Ainsi la relation : Aire [ABC]-[AC] = Aire [ABC]-[AC] + Aire [ABC]-[AC] + aire AKC
peut se traduire en une équation simple
fournissant x :
x = 1/8 de x + 1/8 de x + 1/2 , dont la solution est
x = 2/3.
Un
exercice en série littéraire, présentant la Quadrature de la
Parabole par Archimède, proposé par l'Académie de Bordeaux (2002)
2. Doù la Formule dIntégration de Simpson !
Soit f un polynôme de degré 2 défini sur un intervalle [ xA ; xC ].
Il est possible dobtenir sa courbe comme courbe de Bézier de degré 2, à 3 points
de contrôle A, B, C.
Une contrainte importante : les abscisses xA, xB, xC
doivent suivre une suite arithmétique.
Les autres contraintes : A et C sur la courbe ; B tel que (AB) et (BC) tangentes
en A et C à la courbe.
Pour définir f , les coefficients a, b, c du polynôme peuvent être alors
avantageusement remplacés par la donnée des 3 points uniques A, B, C quon trouve
par identification des contraintes.
Par la formule aire du fuseau = 2/3 de celle du triangle, il devient possible de calculer
dans la foulée laire sous la courbe, en nutilisant que les coordonnées des
points de contrôle :

Intégrale de f sur lintervalle [ xA ; xC ] = Aire verte
du fuseau + Aire bleue du trapèze ACDE
= 2/3 ABC + ACDE
= 2/3 (xC xA) [ yB (yA+yC)
/ 2 ] + (xC xA)
( yA + yC) / 2
et, en simplifiant lexpression on trouve :
Intégrale de f sur lintervalle [ xA ; xC ] = (xC
xA) (yA+ yB + yC) / 3 .
Lintégrale de f sur lintervalle [ xA ; xC ]
vaut alors exactement (xC xA)
yG ,
où G est le Centre de Gravité du Triangle ABC !
Si on remplace B par K le point
de la courbe de f qui a la même abscisse :
K = M( ½ ) = barycentre de (A , ¼) (B, ½ ) (C , ¼) , avec yK = f(xB)
,
et G est alors le Barycentre de Simpson
de A, K , C ,
cest à dire le barycentre de (A , 1) (K, 4) (C , 1).
On retrouve alors la formule dintégration approchée de Simpson, exacte seulement pour les
polynômes de degré au plus 3 :
Lintégrale de f sur lintervalle [ xA ; xC ]
vaut (xC xA) [
f(xA) + 4 f(xB) + f(xC) ] / 6
3. Généralisation : formule daire sous la courbe dun polynôme par
les points de contrôle de sa courbe de Bézier.
La formule daire trouvée
auparavant en degré 2 par calcul
élémentaire se généralise facilement au cas du polynôme f de degré n , qui sur
tout intervalle [xmin ; xmax] admet aussi une représentation
de Bézier unique à n +1 points de contrôle, dont les abscisses suivent une progression
arithmétique :
Lintégrale de f sur lintervalle [ xmin ; xmax ]
vaut alors exactement (xmax xmin) yG
,
où G est lisobarycentre des points de contrôle .
Autre façon moins lourde de le
dire : lordonnée moyenne
sur larc de
courbe, la moyenne de f sur lintervalle, est la moyenne
des ordonnées des points de contrôle.
On peut le vérifier par un calcul rapide sur les exemples simples de représentations par
Courbes de Bézier des monômes 1, x, x2 , x3 :

Cela est simplement dû au fait que lintégrale sur [0 ; 1] de tout Polynôme -
Poids de Bernstein de même degré n est un nombre constant (linverse de n+1).
4. Généralisation : Formule du Volume sous la Surface définie par un
polynôme à 2 variables par les points de contrôle de sa Surface de Bézier.
La formule daire trouvée
auparavant pour un polynôme en x de degré n
sur un intervalle donné se généralise facilement au cas du polynôme f à 2 variables
(x,y) de degré (n,m) , qui, sur tout rectangle où il est défini, admet aussi une
représentation de Bézier unique dans lEspace, à (n + 1)(m + 1) points de
contrôle, dont les abscisses et ordonnées forment un réseau rectangulaire régulier
plan :
Lintégrale double de f sur le rectangle coïncide avec le produit de
laire du rectangle par la moyenne des altitudes des points de contrôle :

Autre façon moins lourde de le
dire : laltitude moyenne de la surface, la moyenne
de f sur le rectangle, est la moyenne
des altitudes des points de contrôle.
XI. Les Polynômes - Approximants de Bernstein et l'expression des Courbes et Surfaces de
Bézier dans la Base fonctionnelle des Polynômes - Poids de Bernstein
Attention : ne pas confondre :
Polynômes - Poids de Bernstein et Polynômes - Approximants de
Bernstein !
Dans cette section, nous reprenons ici un peu plus précisément l'aspect paramétrique et
analytique :
En Théorie de lApproximation
des fonctions réelles f
définies et continues sur un intervalle, que lon prendra égal à [0 ; 1] sans
perte de généralité, le Théorème
de Weierstrass stipule
quune telle fonction f est limite
uniforme dune suite de polynômes.
Vers 1912, le mathématicien russe Serge
Bernstein produit un
exemple explicite dune telle suite, la Suite des Polynômes
- Approximants de Bernstein, notée B n ( f , x ) .
B n ( f , x ) sexprime sur la Base fonctionnelle de Bernstein de degré n, composée des n+1 Polynômes - Poids de Bernstein de degré n :
Bn,k (x) = Cnk x
k ( 1 x ) n k
La règle de formation du Triangle de Pascal : Cnk = Cn-1k-1
+ Cn-1k
se traduit par la relation de récurrence : Bn,k ( x ) = x Bn-1,k-1 ( x ) + ( 1 - x )
Bn-1,k ( x )
équivalente à l'Algorithme pyramidal de De Casteljau.
Les coordonnées de B n ( f , x ) dans
cette base sont les images y k par f des abscisses x k = k/n (les n + 1 abscisses
régulièrement réparties de 0 à 1).
Ainsi, sans le savoir (la modélisation de Bézier ne voit le jour qu'une cinquantaine
d'années plus tard), Serge Bernstein a choisi pour approximant de f le
polynôme de degré n dont la courbe
coïncide exactement avec la Courbe de
Bézier de degré n,
à n+1 points de contrôle (xk ; yk),
tous sur la courbe de f, et dont les abscisses sont régulièrement réparties sur lintervalle [0 ; 1].
Intuitivement, une suite de Courbes de Bézier construites sur des points de contrôle
issus dun échantillonnage représentatif de plus en plus
serré de la courbe continue
de f ne peut que converger in fine vers cette courbe !
Cest ce que confirme la théorie : la borne supérieure (pour x compris entre 0
et 1) de lécart entre f(x) et son approximant
B n ( f , x ) est une suite qui converge vers 0 (vitesse de convergence hélas très
lente, de lordre de 1/n , ce qui limite fortement
lusage concret des suites de Bernstein en approximation polynomiale) .
Cependant les Polynômes - Approximants de Bernstein ont quelques propriétés intéressantes, qui gardent leur utilité en
démonstrations qualitative.
Entre autres, celles déduites des
formules de dérivation :
- Si f est croissante ( f > 0 ) , alors B n ( f ) aussi.
- Si f est convexe ( f > 0 ), alors B n ( f ) aussi, et pour x
fixé, la suite B n ( f , x ) décroît vers f(x).
- Si f est concave ( f < 0 ), alors B n ( f ) aussi, et pour x
fixé, la suite B n ( f , x ) croît vers f(x).
Réciproquement :
Serge Bernstein avait
tout mis en place sur le plan théorique pour amener les Courbes de Bézier. Voilà
comment il aurait pu déjà les introduire, 50 ans avant leur apparition :
A partir d'une suite donnée de n+1 points Ak de coordonnées (xk ;
yk), on construit deux fonctions
affines par morceaux :
f ( t ) et g ( t ), définies ainsi sur l'intervalle de temps [0 ; 1] :
Pour k allant de 0 à n :
f ( k/n ) = xk
g ( k/n ) = yk
Les Approximants de Bernstein de f et g vont alors définir les
coordonnées du point courant M(t) de la Courbe de Bézier de degré n et de points de
contrôle Ak :
x ( t ) = B n ( f , t )
y ( t ) = B n ( g , t )
On exprime les coordonnées de chacune de ces deux fonctions dans la Base de Bernstein :

En regroupant ( x ( t
) ; y ( t ) ) , on peut dire en quelque sorte que les Points de Contrôle Ak constituent les "coordonnées" de la Courbe de Bézier M ( t ) dans la Base de Bernstein.
Ainsi, du point de vue espace vectoriel de
fonctions, passer de la formulation
Bézier à la formulation Bspline locale équivalente revient à effectuer un changement de base vectorielle (d'où l'utilisation incontournable
et massive dans la pratique du Calcul
Matriciel pour
l'exprimer !), dans la mesure où l'on assimile les Points de Contrôle aux coordonnées
dans ces bases.
La propriété la plus importante des
Approximants de Bernstein est celle qui permet de formuler les dérivées successives (vitesse M ' ( t ) ; accélération
M '' ( t ) ; etc ...) de M ( t ) :
où D
p est la Différence
de Newton d'ordre p
: D1 x k = x k+1
x k
et
D
p = D
1 ( D
p
1 ).
Il apparaît d'abord, à travers cette formule des coordonnées de M p ( t ) la
dérivée pème de M(t), que l'Hodographe d'ordre p (courbe du point courant ayant mêmes coordonnées que
la vitesse pour p = 1, que l'accélération pour p = 2, etc ..., p allant de 1 à n1) est aussi une Courbe de Bézier de degré np dont les np+1 points de contrôle
(notés logiquement D
p Ak) ne dépendent que des Ak , ceux de la courbe
de départ.
Alors, on peut prouver que la dérivée
p ème de
M ( t ) en un point extrême A0 (en t = 0) ou An (en t = 1) s'exprime uniquement à l'aide des p+1 points de
contrôle les plus proches.
Ces formules de dérivation précisent ainsi les contraintes cinématiques de continuité
C n 1 des raccords dans la
construction d'une Courbe Bspline de degré n à partir de Courbes de
Bézier de même degré accolées les unes aux autres séquentiellement :
Soient 2 Bézier de degré n consécutives : [A0A1An] et
[B0B1Bn], se raccordant en An = B0 .
A l'aide des formules précédentes, dérivons p fois les coordonnées du point courant
M(t) de [A0A1An] en t = 1, et idem pour [B0B1Bn]
en t = 0.
La continuité cinématique C n 1 au point de raccord peut
s'exprimer alors ainsi sous forme condensée par le système d'équations suivant
: pour p = 0 à n 1 : D
p An-p
= D
p B0
.
La notation est allégée : A
signifie ici le vecteur de mêmes coordonnées que A .
Cela se traduit par les relations
géométriques
suivantes :
(si n >
0) An
= B0
(positions égales)
(si n >
1) An
An-1
= B1 B0
(vitesses égales)
(si n >
2) An
2 An-1
+ An-2 = B2 2 B1 + B0
(accélérations égales)
(si n >
3) An
3 An-1
+ 3 An-2 An-3
= B3 3
B2 + 3 B1 B0 etc ...
Autre Corollaire important de la formule de
dérivation :
Deux Courbes de Bézier de degré n sont raccordables avec continuité C n 1 si tous les paires de "sous-courbes" de Bézier de degré
strictement inférieur p (p<n) , définies par les p+1
points de contrôle les plus proches, et situées
de part et d'autre du point de contact, sont issues d'une même courbe polynomiale de degré p.
Par la suite, on définit une Surface
de Bézier par
l'intermédiaire de la Base de
Bernstein à 2 variables (u ; v), construite par Produit Tensoriel de 2 Bases de Bernstein (l'une de variable u, l'autre de
variable v). Les Points de Contrôle A i j peuvent alors
légitimement être considérés comme les "coordonnées"
de la Surface de Bézier M ( u, v ) correspondante, exprimée
dans cette Base - Produit. Cette construction par produit tensoriel est par ailleurs
directement transposable aux Bsplines.
Bibliographie : Davis : Interpolation and Approximation (Blaisdell, 1963)
XII. Construction analytique des Courbes Bsplines Uniformes par la
Base Bspline associée :
Les Courbes Bsplines sont le résultat d'un généralisation géométrique de la notion de
Base de Fonctions Bspline ( Basis Spline ), définie vers
1946
par le mathématicien roumano - américain Schoenberg. Mais la construction algorithmique qu'il en
propose, instable numériquement, fait que l'outil Bspline tombe relativement dans
l'oubli, jusqu'en 1972, quand Carl DeBoor et Cox, de manière indépendante, découvrent
un algorithme pyramidal (analogue à l'Algorithme de De Casteljau pour les
Bézier) nettement plus performant.
DeBoor, qui travaille alors pour la fondation scientifique du premier constructeur automobile
américain,
a appliqué la Base de fonctions Bsplines pour créer les Courbes Bsplines de même degré,
exactement comme dans le paragraphe précédent ont été créées les Courbes de Bézier
par la Base fonctionnelle de Bernstein.
Plus tard les liens géométriques entre les deux types de courbes ont été approfondis,
en particulier par les travaux de Gerald Farin.
Le
contexte historique, détaillé par Phil Davis, du Worcester Polytechnic
Institute, Massachussets, en anglais (SIAM, 1996)
Définissons d'abord une
Base Bspline Uniforme
de degré n, à N+1 vecteurs
( = fonctions
ici) de base Nn,k ( t ) :
N n,k ( t ) = Nn ( t - k + an )
Tous les vecteurs de la Base sont construits à partir d'un même modèle : la fonction Nn ( t ), ils sont tous
déphasés d'une unité de temps si leurs indices k se suivent. Le paramètre an, ne dépendant que du degré
n, n'a
d'importance que pour régler le départ de la future Courbe Bspline définie de façon
géométrique sur le temps t = 0.
(an
a été pris égal à n dans la présentation géométrique des Bsplines faite
auparavant)
Il se trouve que Nn ( t ) peut être définie très simplement comme la fonction densité de probabilité
(symétrique) d'une somme de n+1
variables de
Loi Uniforme sur [0 ; 1] (ou bien par n convolutions successives de N0(t) la fonction indicatrice de [0 ;
1] , donc de Transformée de Laplace [ p-1(1+ e -p)] n+1) ;
une telle fonction Nn ( t ) a alors de part sa définition
les propriétés suivantes :
- Nn ( t ) est nulle partout, sauf sur
[0;n+1], où elle est positive ou nulle et au plus égale à 1.
- Nn ( t ) a une courbe
représentative symétrique ; l'aire entre la courbe et l'axe des abscisses vaut
1.
- Nn ( t ) est polynomiale de degré n
par morceaux ; les morceaux sont les intervalles successifs d'amplitude 1.
- Nn ( t ) est dérivable continûment
n-1 fois.
Dans la pratique, essentiellement l'Algorithme Pyramidal de Cox - DeBoor, qui
construit par récurrence les fonctions Nn
( t ), est utilisé en C.A.O :
Nn ( t ) = (t/n) Nn-1 ( t ) + (1 - (t-1)/n) Nn-1 ( t - 1 )
(C'est seulement sur l'idée de cette formulation par récurrence très
efficace et stable numériquement que les deux auteurs ont pu généraliser la construction aux Bsplines non
uniformes.)
Ainsi construits, les N+1 vecteurs de la Base N n,k ( t ) ont les propriétés suivantes
:
- toute fonction combinaison linéaire de ces N+1 fonctions peut s'écrire avec seulement
n+1 fonctions consécutives si on se restreint à l'un des intervalles d'amplitude 1.
- si cet intervalle d'amplitude 1 est suffisamment loin des extrémités, la somme de ces n+1
fonctions est toujours égale à la fonction constante valant 1 sur l'intervalle.
Enfin la Courbe Bspline proprement dite est obtenue par : M ( t ) = somme des N n,k ( t ) P k avec P 0
, ..., PN les N+1 points de contrôle de la
Bspline.
Les deux propriétés précédentes de la Base des N n,
k ( t ) sont absolument
déterminantes pour l'interprétation géométrique de la Courbe Bspline construite sur
cette base fonctionnelle : la somme 1 des coefficients rend possible la construction
par Barycentre pour chaque morceau de la Courbe Bspline ainsi définie.
Ainsi, pour t variant dans le premier intervalle, entre 0 et 1, M ( t ) est le barycentre des points de
contrôle : P 0
, ..., Pn-1, Pn , affectés des
coefficients respectifs : Nn ( t+n ) , ... , Nn ( t+1 ) , Nn ( t ).
Initiation
interactive (Applets JAVA) aux Splines, par Evgeny Demidov, en anglais (2001)
D'où l'explication de l'équivalence
géométrique entre courbes de Bézier et B-spline Uniforme :
Les n+1 fonctions B-splines consécutives N n, k ( t ), polynômes non nuls sur
un intervalle d'amplitude 1,
constituent une base locale polynomiale, et peuvent être ramenés par une même translation
du temps à l'intervalle [0,1].
On peut alors les exprimer localement comme une combinaison linéaire
des n+1 polynômes B n, k ( t ) de la Base de Bernstein définie sur [0,1].
Important : ces coefficients ne dépendent pas du choix du "train" des n+1 B-splines consécutives,
N n, k ( t ), par définition uniformes, et présentant donc la même
configuration relative à un décalage près !
De plus, le fait que la somme des n+1 polynômes de chaque base soit toujours égale à 1
permet de traduire les relations algébriques issues du changement de base fonctionnelle
(qu'on peut exprimer facilement à l'aide d'une matrice de passage carrée)
en terme de relations barycentriques entre points de contrôle des courbes correspondantes :
il existe donc une façon unique de combiner n+1 points de contrôle consécutifs
d'une courbe B-spline Uniforme de degré n pour obtenir les n+1 points de contrôle
de la courbe de Bézier de même degré qui coïncide localement avec elle, et réciproquement.
(Corollaire : la symétrie observée entre les vecteurs de chaque base se
traduit par la symétrie de la matrice de passage, ce qui entraîne la symétrie
des relations barycentriques reliant les points de contrôle des 2 types de
courbe)
Approche barycentrique unifiée par les Formes Polaires
Multi-Affines Symétriques ( Blossoms )
des Courbes de Bézier et Courbes B-splines Non Uniformes, proposée en avril
2004 par l'Université de Columbia, New York, en anglais (mais très accessible,
même pour les néophytes, par sa pédagogie et ses illustrations claires), au format pdf (200
ko environ)
:
http://www1.cs.columbia.edu/cagd/classBlossoms.pdf
http://www1.cs.columbia.edu/cagd/classBlossoms2.pdf
Autres présentations :
Courbes de
Bézier, par
Robert Ferréol et al (2000)
Extension
possible du sujet : Courbes de Bézier Rationnelles, par Robert Ferréol et al (2001)
Surfaces de Bézier :
Extension possible du
sujet : Surfaces de Bézier, par Robert Ferréol et al (2001)
Cours
d'infographie de Christian Jacquemin LIMSI - CNRS Paris Sud (2001)
Cours de
C.A.O. - D.A.O. de Ken Joy (en anglais) de l'Université de Californie - Davis (2000)
Autre application des Coordonnées Barycentriques à l'Infographie :
Représentation
de l'Espace sur un écran graphique en Perspective Parallèle (2001)