Triangles Isométriques : Exposé pour le Professeur

 

 

Ce qui suit est l'exposé fait en novembre 2000 pendant les Journées de Formation en Mathématiques sur les Nouveaux programmes de Seconde, par Mr Patrick Lobry, professeur de Mathématiques au lycée Watteau de Valenciennes.

Télécharger le texte original de l'auteur au format Word (160 ko)

Télécharger rapidement le texte original de l'auteur au format Word zippé (30 ko)

 

I - Choix d'une définition

Extrait du document d'accompagnement (page 17 de la Brochure Accompagnement des programmes – Mathématiques – classe de seconde -cndp RESEAU) :

Il faut souligner ici l'effort important entrepris au collège pour différencier le résultat observé du résultat démontré et pour énoncer clairement le statut des divers énoncés : définition, résultat ou théorème admis sur conjecture, résultat ou théorème établi, etc ( cf. document d'accompagnement des programmes de 5ème – 4ème ). Il importe de garder cet esprit dans le travail conduit en seconde, en particulier dans ce paragraphe de géométrie. Ainsi, l'enseignant décidera, en fonction de ses élèves et du temps dont il dispose, du caractère admis ou démontré des trois cas d'isométrie des triangles. Cela supposera au préalable le choix par l'enseignant d'une définition des triangles isométriques
celle qui s'inscrit le plus naturellement dans le fil des programmes de collège, où l'on a construit des images de figures géométriques par symétries axiale ou centrale, par translation ou par rotation, pourrait s'énoncer ainsi :

"deux triangles sont isométriques si l'un est l'image de l'autre par une translation, une symétrie axiale, une rotation ou une succession de telles transformations". Une autre définition, plus intuitive, pourrait être : "deux triangles sont isométriques s'ils ont des côtés et des angles respectivement égaux".

Une définition étant posée, l'objectif est d'atteindre rapidement les cas d'isométrie. Que ceux-ci soient admis ou démontrés, on n'oubliera pas que tout résultat doit être légitimé dans l'esprit des élèves pour qu'il s'inscrive naturellement dans le corpus antérieur de connaissances.

II - Définition choisie dans cet exposé

Dire que deux triangles du plan sont isométriques signifie que l'un est l'image de l'autre par une symétrie orthogonale, une translation, une rotation ou une succession de telles transformations.

Dans la suite de ce document, lorsque deux triangles seront isométriques, les sommets homologues occuperont la même place dans les écritures des deux triangles.

III - Conditions nécessaires

Si ABC et A'B'C' sont deux triangles isométriques, alors on a :

 

Démonstration

Les symétries orthogonales, les translations, et les rotations conservent les distances et les angles géométriques.

IV - Conditions suffisantes

1 - Premier cas d'isométrie

Si deux triangles du plan ont leurs trois côtés respectivement de même longueur, alors ces deux triangles sont isométriques.

Démonstration - Démarches possibles.

Soient ABC et A'B'C' deux triangles du plan tels que AB = A'B', AC = A'C',
et BC = B'C'.

Il s'agit de démontrer que le triangle A'B'C' est l'image du triangle ABC par une symétrie orthogonale, une translation, une rotation, ou une succession de telles transformations.

On commence à transformer le triangle ABC par une isométrie qui
transforme A en A'

Trois choix immédiats :

1- La translation de vecteur

2- La symétrie orthogonale d'axe (D) la médiatrice du segment [AA']

3- Une rotation dont le centre est situé sur la droite (D).

Envisageons les choix 1 et 2.
On note t la translation de vecteur  et S1 la symétrie orthogonale d'axe (
D).

 

On poursuit en transformant le triangle A'B1C1 par une isométrie qui fixe A' et qui transforme B1 en B'.

Puis …..

On voit se dessiner deux démarches basées sur les résultats suivants :

Démonstration – Première démarche.

On va démontrer que le triangle A'B'C' est l'image du triangle ABC par une symétrie orthogonale ou par une composée de deux ou trois symétries orthogonales '


Soit S1 la symétrie orthogonale d'axe d'axe (
D) la médiatrice du segment [AA'] . On note B1 = S1(B) et C1 = S1(C).

 


Soit S2 la symétrie orthogonale d'axe (
D') la médiatrice du segment [B1B'].
S2 fixe A' ( voir démarches) et transforme B1 en B'. On note C2 = S2 (C1).

 


Soit S3 la symétrie orthogonale d'axe la droite (A'B').
S3 fixe les points A' et B' et transforme C2 en C'
(A'C2 = A'C1 = AC et AC = A'C'. Donc A'C2 = A'C'.
B'C2 = B1C1 = BC et BC = B'C'. Donc B'C2 = B'C'.
D'où la droite (A'B') est la médiatrice du segment [C'C2])
Par suite le triangle A'B'C' est l'image du triangle ABC par la succession des trois symétries orthogonales S1, S2, S3( dans cet ordre). Et c'est fini !

Avantages de cette démarche

 

 

Démonstration – Deuxième démarche

Soit t la translation de vecteur .
On note B1 = t (B) et C1 = t (C).
Soit r la rotation de centre A' qui transforme B1 en B'.
( r existe ; voir démarches ).

On note C2 = r ( C1)

C2 C'
Soit S la symétrie orthogonale d'axe la droite (A'B').
On a S(C2) = C'. En effet comme dans la première démarche, on démontre que la droite (A'B') est la médiatrice du segment [C'C2].

Par suite le triangle A'B'C' est l'image du triangle ABC par la succession de la translation t, de la rotation r, et de la symétrie orthogonale S ( dans cet ordre ).

 

 

Deuxième cas d'isométrie

Si deux triangles du plan ont un angle de même mesure compris entre deux côtés respectivement de même longueur, alors ces deux triangles sont isométriques.

Démonstration

Soient ABC et A'B'C' deux triangles du plan tels que AB = A'B', AC = A'C', et 

Démontrons que les triangles ABC et A'B'C' sont isométriques.

Il suffit de démontrer que BC = B'C' . On applique ensuite le premier cas.

Pour démontrer que BC = B'C', on utilise le théorème de Pythagore si l'angle est droit ou "les" formules d'Al-Kashi si l'angle est aigu ou obtus (dans le cadre de ce document , j'ai supposé que les élèves ne connaissent pas les lignes trigonométriques d'un angle obtus).
On établira "ces" formules au préalable, par exemple dans un devoir maison ou dans une activité faite en classe (outils du collège réinvestis : le théorème de Pythagore, les produits remarquables, et la trigonométrie dans un triangle rectangle.).

La démonstration explicite est laissée au lecteur.

 

Troisième cas d'isométrie

Si deux triangles du plan ont un côté de même longueur adjacent à deux angles respectivement de même mesure, alors ces deux triangles sont isométriques.

Distinguons deux cas :

On établira ces égalités au préalable, par exemple dans un devoir maison ou dans une activité faite en classe (outil du collège réinvesti : trigonométrie dans un triangle rectangle.).

La démonstration explicite est laissée au lecteur.

 

Relations métriques dans un triangle

Soit ABC un triangle quelconque du plan.

1- Si l'angle est aigu alors BC2 = AB2 +AC2 – 2 AB AC cos

2- Si l'angle est obtus alors BC2 = AB2 +AC2 + 2 AB AC cos ( 180° –

1- Supposons l'angle aigu

Le triangle ABC possède au moins deux angles aigus

Supposons par exemple que l'angle soit aigu.
Soit H le projeté orthogonal de C sur la droite (AB).

Comme les angles et  sont aigus, le point H est un point du segment [AB].

 

a2 = m² + h²

a² = ( c– n )² + h²

a² = c² + n² – 2cn + h²

a² = c² + b² – 2bc cos

2- Supposons l'angle obtus.

Les angles et sont donc aigus.
Soit H le projeté orthogonal de C sur la droite (AB).

Comme l'angle est aigu et l'angle est obtus, le point A est un point du
segment [BH].

a2 = m2 + h2

a2 = (c+n)2 +h2

a2 = c2+2cn +n2 + h2

a2 = b2 + c2 + 2bc cos(180° – )

"Relation des sinus"

Soit ABC un triangle du plan.

1 - Le triangle ABC est acutangle.

Des égalités : AL = AB sin ,

AL = AC sin ,

BH = BC sin ,

 BH = AB sin ,

on en déduit les égalités :

2 - Le triangle ABC est obtusangle.

Par exemple, supposons l'angle obtus. On a alors :

 

La démonstration est laissée au lecteur.

 

V – Scénario pédagogique

 

I – Cours : définition et conditions nécessaires

II – Recherche de conditions suffisantes.

1 – Les élèves construisent chez eux, sur une feuille de dessin deux triangles ABC et A'B'C' tels que AB = A'B', AC = A'C', et BC = B'C'.

2 – Travaux dirigés

III – Cours : premier cas d'isométrie.
Admis ou démontré selon la classe.