Geogebra
écrit
par Kostrzewa Bruno,
professeur de Mathématiques
au lycée Faidherbe de Lille.
(mars
2005)
Contenu
- Présentation
générale
- Prise en main
- Exemple d'activité avec
Geogebra
Présentation
générale
Geogebra
est
comme son nom l'indique un logiciel traitant
à la fois de géométrie et
d'algèbre. Il
permet donc de créer
des figures géométriques, mais aussi de
travailler sur
les
grandeurs associées comme les longueurs, les aires ou les
angles.
Geogebra est une application
java qui fonctionne donc sur
tout ordinateur muni d'une machine virtuelle java (JRE). Si vous
n'en disposez pas encore, vous pouvez la
télécharger sur
le
site java.com.
Vous pouvez utiliser GeoGebra
comme vous le désirez et le
redistribuer gratuitement sous les termes de la licence GNU General
Public License.
Interface

Zone de travail
La zone de travail est
divisée en deux parties :
- à droite la zone
de dessin qui contient la figure;
- à gauche la zone
d'information qui affiche la liste des
objets créés ainsi que les valeurs
numériques les
concernant.
Barre de menu
Il s'agit d'une barre de menu traditionnelle. Le menu Fichier permet
d'ouvrir ou d'enregistrer des fichiers, mais aussi d'exporter la figure
en tant qu'image png qui pourra être facilement
incorporé
dans un document.
Barre d'icônes

Les 5 icônes centrales permettent de créer
rapidement des
objets géométriques. Ceux-ci seront
nommés de
façon automatique.
La première icône active le mode
"Déplacer" qui
permet de modifier à la souris la position des objets libres.
La dernière icône active le mode
"Déplacer la
feuille de travail" qui permet de modifier à la souris la
position de l'origine du repère utilisé.
Barre de saisie

La barre de saisie permet d'entrer un certain nombre de commandes qui
donnent accès à des constructions non disponibles
dans la
barre d'icônes.
Modifier les
caractéristiques des objets
Les objets créés ont un certain nombre de
caractéristiques (nom, couleur, mode d'affichage, ...)
définies de manière automatique. Pour les
modifier on
peut utiliser le menu Edition|Propriétés ou un
clic droit
sur l'objet considéré.
Prise
en main
Le site Framasoft propose un
tutoriel de
présentation par l'exemple.
L'aide fournie avec le logiciel
propose quelques exemples de
possibilités :
- un triangle avec ses angles
- droite tracée
à partir de son équation du
type y=ax+b
On entre les commandes : a=2,
puis b=2,
et enfin d:y=a*x+b.
La droite d'équation y=2x+2 est tracée.
On peut alors cliquer sur la ligne contenant a dans la partie gauche,
puis utiliser les touches + et - pour augmenter ou diminuer a. La
même chose est évidemment possible avec b.
- centre de gravité
d'un triangle
On crée 3 points A, B et C. Le centre de gravité
peut
être construit à partir des médianes ou
tout
simplement avec la formule G=(A+B+C)/3.
Le même genre de formule permet de construire tout barycentre.
- partage d'un segment dans le
rapport 7 sur 3
On crée deux points A et B et on cherche le point M du
segment
AB tel que AM/MB = 7/3.
Le vecteur AM est égal aux 7/10 du vecteur AB. Cela se
traduit
par la formule M=A+7/10
(B-A)
- système de deux
équations linéaires à
deux inconnues
On crée les droites correspondant aux deux
équations; par
exemple on pourra entrer les commandes suivantes g
: 3x +
4y = 12 et h : y = 2x - 8.
Les droites sont tracées.
On obtient le point d'intersection avec la commande M=Intersection[g,h].
Il suffit de lire ses
coordonnées dans la partie gauche pour avoir la solution du
système.
- tangente à une
courbe
On définit la fonction avec une commande du type f(x)=2*sin(x).
La courbe est tracée
automatiquement. Pour obtenir la tangente en 1, il suffit d'entrer la
commande Tangente[1,f].
- fonctions polynômes
On définit une fonction polynôme comme f(x)=x^3-3x^2+1.
On obtient les racines avec la
commande R=Racine[f].
Les 3 points
correspondants aux racines apparaissent nommés R1, R2 et R3.
Les
commandes E=Extremum[f]
ou S=PointInflexion[f]
fonctionnent de la
même façon.
- intégrales
Geogebra permet de montrer simplement comment on approche l'aire sous
une courbe par une somme d'aires de rectangles. Par exemple, entrer la
fonction f(x)=x^2/4,
a=0,
b=2
et n=4;
a et b sont les bornes de l'intégrale et n est le nombre de
rectangles désirés. Pour obtenir le dessin des
rectangles, il suffit d'entrer les commandes Sinf=LimiteInférieure[f,a,b,n]
et Ssup=LimiteSupérieure[f,a,b,n].
Les sommes des aires des rectangles sont affichées dans la
partie gauche de la fenêtre. En cliquant sur la ligne
correspondant à n et en utilisant les touches + et - on peut
facilement augmenter ou diminuer le nombre de rectangles
(après avoir fixé dans les
propriétés la valeur de l'incrément
à 1).
Un
exemple
d'activité menée avec Geogebra
Il s'agit d'un exercice
classique qui peut être mis en oeuvre à
différents niveaux. Les fichiers,
préparés préalablement par le
professeur, sont soit projetés soit distribués
aux élèves en salle informatique.
Dans le plan muni d'un
repère orthonormal d'origine O on considère le
point A de coordonnées (1,2). M étant un point de
l'axe des abscisses, la droite (AM) coupe l'axe des
ordonnées en N. On étudie l'aire du triangle OMN
lorsque M varie avec une abscisse strictement supérieure
à 1.
Construction de la figure
On construit le
repère avec les commandes :
- O=Intersection[axeX,axeY]
- i=(1,0)
- j=(0,1)
On construit le point A avec la commande :
Les objets i, j et A sont des objets libres, cela signifie qu'ils
peuvent être modifiés avec la souris. Pour les
rendre fixes, nous utilisons leurs propriétés
(accessibles par le menu Editer|Propriétés) en
cliquant pour chacun d'entre eux sur l'option Objet fixe.
Pour garder l'abscisse de M supérieure à 1 nous
allons placer M sur un segment M1M100
où M1
et M100
sont d'ordonnée nulle et d'abscisses respectives 1 et 100.
Cela donne les commandes :
- M_1=(1,0)
- M_{100}=(100,0)
- DM=Segment[M_1,M_{100}]
- M=Point[DM]
Les objets M1
et M100
sont libres, on les rend fixes.
M apparait sur M1,
mais on peut le déplacer à la souris.
Le point N est obtenu comme intersection de la droite AM et de l'axe
des ordonnées. Cela donne :
- d=Droite[A,M]
- N=Intersection[axeY,d]
Enfin, on met en évidence le triangle OMN avec la commande :
On obtient (moyennant quelques zooms et un repositionnement des axes)
l'écran suivant :
Pour rendre les données numériques plus
facilement lisibles, nous pouvons ranger dans la catégorie
Objets auxiliaires les objets qui ont peu d'utilité pour la
compréhension du problème, c'est le cas pour M1,
M100,
i, j et DM. Cette opération s'effectue en éditant
leurs propriétés et en cochant la case Objet
auxiliaire. En fermant le dossier Objets auxiliaires, on obtient
l'affichage suivant :
Conjecture
Les élèves voient la figure : on
déplace le point M et on observe l'aire du triangle OMN sur
la ligne OMN de la partie gauche de la fenêtre.
L'aire semble être minimale égale à 4
lorsque l'abscisse de M est égale à 2.
Démonstration
géométrique
Construisons le triangle OEF qui correspond à la situation
où l'aire de OMN semble être minimale. On entre
les commandes :
- E=(2,0)
- d_1=droite[A,E]
- F=intersection[d_1,axeY]
1- On se place tout d'abord dans le cas où l'abscisse de M
est supérieure à 2.
Faisons intervenir le point N' symétrique de N par rapport
à A.
Mettons en évidence le triangle OEF et le trapèze
OEN'N avec les commandes :
- OEF=polygone[O,E,F]
- OEN'N=polygone[O,E,N',N]
Ces constructions font apparaitre de nouveaux objets dont un certain
nombre pourra être classé dans les objets
auxiliaires. De nombreux segments sont créés et
une étiquette est affichée pour chacun d'entre
eux. On peut supprimer cet affichage à partir des
propriétés.
En déplaçant le point M on constate que le
triangle et le trapèze ont la même aire
constamment égale à 4. Le démontrer.
Expliquer pourquoi l'aire de OMN est toujours supérieure
à celle du trapèze, donc à celle de
OEF.
2- Dans le cas où M se trouve entre M1
et E, on fera intervenir le point M' symétrique de M par
rapport à A pour faire un raisonnement similaire.
Utilisation d'une fonction
On peut envisager d'étudier la fonction f qui à
x,
abscisse de M, associe l'aire de OMN.
Geogebra nous permet d'obtenir facilement la courbe de cette fonction.
Il suffit pour cela de créer le point P d'abscisse x et
d'ordonnée l'aire de OMN. Cela s'obtient avec la commande :
Dans les propriétés de P nous pouvons modifier sa
couleur et surtout cocher la case Afficher la trace.
En déplaçant le point M on voit alors la courbe
de f se construire.
L'allure de la courbe confirme la conjecture de départ, la
fonction f est décroissante pour x situé entre 1
et 2 et croissante pour x supérieur à 2, il y a
bien un minimum en x=2.
Pour démontrer ces résultats on pourra calculer
l'ordonnée de N et en déduire que f(x) =
x²/(x-1).
Cette formule peut être vérifiée en
demandant à Geogebra de tracer la courbe correspondante avec
la commande :
La courbe tracée correspond bien à celle obtenue
avec le point P.
Pour vérifier que le minimum de f est obtenu pour x=2, on
calculera f(x)-f(2) qui est égal à
(x-2)²/(x-1) et qui est donc positif.
On peut aussi procéder à une étude de
f en utilisant sa dérivée.
Prolongement : asymptote
oblique
La courbe représentative de f laisse penser qu'elle admet
une asymptote oblique. Essayons de déterminer son
équation.
Construisons le point A' projection de A sur l'axe des
ordonnées,
puis faisons apparaitre le trapèze OMAA'.
Montrer que l'aire de ce trapèze est égale
à x+1.
L'aire de OMN est égale à l'aire de ce
trapèze
augmentée de l'aire du triangle NAA'.
Lorsque x tend vers l'infini, l'aire de NAA' tend vers 0, f(x) prend
donc des valeurs voisines de x+1. Sa courbe se rapproche donc de plus
en plus de la droite d'équation y=x+1.
Montrer que l'aire de NAA' est égale à 1/(x-1),
et que
f(x) = x+1+1/(x-1).
